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Conférence de Malte sur l’innovation

30 avril 2015 Catégorie :destinations Off

Lors d’un séminaire à Malte auquel j’ai participé le mois dernier, j’ai assisté à une conférence très intéressante sur l’innovation. Celle-ci a mis en évidence combien les innovations sont généralement mal perçues. Il faut dire qu’elles causent presque toujours des tremblements de terre économiques, et prennent d’une certaine manière à Pierre pour habiller Paul. Un intervenant nous a fait une démonstration pour montrer cette particularité du progrès. Il s’est appuyé sur un objet du quotidien : le smartphone. Un appareil qui mélange un téléphone, une discothèque, un appareil photo et un ordinateur. Le tout, dans un objet qui prend moins de place, propose de meilleures performances, ne requiert pas autant d’assemblage et beaucoup moins de matières premières. En résumé : un rêve pour l’utilisateur… et un désastre pour bon nombre d’entreprises. Producteurs de disques vinyles et de CD, agences postales, fabricants de polaroid ou de calculettes, nombreux sont les acteurs qui ont souffert de son apparition. Seulement, le plus important reste qu’il nous a permis de gagner en confort de vie en éclipsant tous ces appareils. Des appareils qui avaient eux aussi détruit des secteurs à leur apparition. C’est là tout le paradoxe de l’innovation. Les innovations instaurent un renforcement du niveau de vie mais mettent certaines industries à genoux, provoquant leur déclin (voire leur anéantissement). L’augmentation de la richesse n’est discernable qu’à long terme ; mais à court terme, ce sont principalement les conséquences nuisibles qui apparaissent et qui ressortent dans les médias : des employés lésés des industries perdantes qui perdent leur emploi. Ceux qui perdent cette lutte concurrentielle sont ceux qui parlent le plus fort, et réprouvent en toute logique ces nouveautés. C’est ce qui explique que le progrès, en dépit de son utilité indubitable (essayez de lire ça à voix haute, pour voir), est généralement ressenti comme une agression, voire une régression. Voilà ce que m’a appris ce séminaire à Malte (en plus du fait qu’il faut prendre de la crème solaire, quelle que soit l’époque où l’on s’y rend) : la destruction va de pair avec l’innovation. Cette dernière crée de nouveaux emplois mais amène aussi à ce que d’autres disparaissent. Si nous n’acceptions pas ce principe, nous en serions toujours à nous chauffer au charbon pour que les mineurs ne perdent pas leur emploi. En toute logique, il est donc inutile d’aider les industries en difficulté, car certaines sont naturellement vouées à disparaître. Et l’argent injecté dans ces grands corps malades ne fait que prolonger (inutilement) leur agonie, alors qu’il aurait pu servir à développer les secteurs de demain. En somme, les aides gouvernementales paralysent le processus naturel de destruction/création, affaiblissant l’industrie en général et notre capacité à innover. Je vous livre le lien vers l’organisateur de ce séminaire à Malte – suivez le lien.

Séminaire sur la croissance de la France

30 avril 2015 Catégorie :news Off

Jusqu’à présent, la France trottinait sur ce petit chemin qui ne sent pas la noisette mais plutôt un collectivisme de plus en plus rance. Ces derniers jours, elle a dégoté une bicyclette abandonnée sur le bas-côté, l’a imprudemment enfourchée, et dévale maintenant la pente raide qui s’offre à elle, en gagnant de la vitesse. Seul souci : le vélo n’a plus de freins. La trajectoire prise par le pays est réellement inquiétante.

Et cette trajectoire inquiétante tient à trois facteurs aggravants.

1- Les Français désirent ardemment cette trajectoire

Le premier, c’est que, selon toute vraisemblance, les Français veulent être espionnés. Difficile d’oublier en effet qu’ils ont clairement choisi le pouvoir en place qui n’est pas arrivé là par hasard. Manuel Valls, François Hollande et la majorité parlementaire ne sont pas tombés du ciel et ont, bel et bien, été élus par un peuple manifestement très heureux de les voir poser leurs fesses dans les moelleux fauteuils républicains. Or, tout comme la droite précédente qui n’avait pas molli lorsqu’il s’agissait d’enquiller les lois sécuritaires, on pouvait s’attendre à la même envie gourmande de législations invasives de la part de la gauche, qui n’a jamais été en retard sur ce plan-là.

En outre, lorsqu’on demande aux Français s’ils sont spécifiquement favorables à ces restrictions de libertés au profit d’une sécurité publicitaire, ils répondent très majoritairement par l’affirmative. Écartons ici bien vite l’idée que ce sondage aurait été bidonné afin d’orienter l’opinion sur le mode « Si la majorité est d’accord, alors qui suis-je, moi, individu perdu au milieu de la masse, pour lui donner tort ? »

En fait, les résultats détaillés de ce sondage sont malheureusement très cohérent avec ce qu’on sait des citoyens français, biberonnés au Tout État, largement d’accord depuis quelques décennies avec la mise en coupe réglée de leurs libertés, et ce, d’autant plus qu’ils sont âgés : alors que près de la moitié des 18-24 ans sont opposés à voir leurs libertés rognées, les 65 ans et plus y sont très massivement favorables (à 76%). Autrement dit, la gauche socialiste, devenue conservatrice à mesure que son électorat vieillissait, joue sur du velours : les socialistes et sympathisants du PS sont 68% à approuver la limitation des libertés individuelles sur Internet. On retrouve une proportion similaire (69%) pour les militants et proches du FN, ce qui est tout sauf un hasard (et en contradiction avec certains de ses leaders, au passage).

Autrement dit, la France n’a pas du tout pris une direction aléatoire, et probablement parce que son peuple est composé (pour une grande quantité) de personnes qui ont l’intime conviction (fausse) que ceux qui seront espionnés seront les autres, tout comme elles ont cru que les riches, c’étaient les autres, et que les augmentations d’impôts seraient pour les autres. Et comme pour les impôts, ces personnes se rendront compte, bien trop tard, que les autres, … c’est eux.

2- Ces mesures rendent parfaitement possible une dictature totalitaire

D’autre part, on est en train de mettre en place une série de mesures, toutes plus liberticides et/ou collectivistes les unes que les autres, dans une bonhommie consternante et une absence assez effarante de recul historique. Ces lois offrent véritablement un boulevard à tous ceux qui voudraient, le pouvoir en main, les utiliser à des fins néfastes. Notez que ce n’est pas moi, humble scribouillard, qui le dit, mais plusieurs anciens magistrats antiterroristes, c’est-à-dire des personnes qui ont été directement confrontées à des enquêtes sur des cellules terroristes, sur des attentats commis contre des Français, comme Alain Marsaud ou, plus récemment, le juge Marc Trevidic.