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Défenseures et défenseurs des droits humains au Honduras

Posted on 23 mars 2018 | Commentaires fermés

L’année dernière encore au Honduras, les défenseurs des droits humains, en particulier les militants des droits environnementaux et fonciers, étaient toujours exposés à des violations de leurs droits. Ils ont été la cible de campagnes de dénigrement organisées à la fois par des acteurs étatiques et non étatiques pour discréditer leur travail, et les actes d’intimidation, les menaces et les agressions à leur encontre étaient monnaie courante. En juin, trois membres du Conseil civique d’organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) ont été attaqués par des assaillants armés alors qu’ils rentraient en voiture d’une réunion. D’après des ONG locales, les autorités ont de nouveau fait un usage abusif du système judiciaire pour harceler et décourager les défenseurs des droits humains. D’autres informations ont fait état d’une force excessive et injustifiée employée par les forces de sécurité au cours de manifestations pacifiques. La grande majorité des agressions contre les défenseurs des droits humains signalées aux autorités demeuraient impunies en raison de multiples obstacles rencontrés lors des enquêtes et des procès. L’enquête sur l’assassinat en mars 2016 de Berta Cáceres, défenseure indigène de l’environnement et cofondatrice du COPINH, a peu progressé. Les auditions publiques de huit suspects arrêtés dans le cadre de cette affaire ont été reportées à plusieurs reprises. Des experts indépendants ont dénoncé le manque de diligence dans cette enquête, notamment l’absence de poursuites contre d’autres personnes potentiellement impliquées dans l’homicide de cette femme. Aucune information n’a été communiquée sur les progrès qu’aurait pu faire le procureur général pour identifier les responsables de cet assassinat. En dépit de quelques avancées, comme la mise en place du Mécanisme national de protection des défenseurs des droits humains, des journalistes, des commentateurs et des fonctionnaires de justice, les efforts déployés pour garantir la protection intégrale des défenseurs des droits humains demeuraient insuffisants. Les nouvelles dispositions du Code pénal sur le terrorisme et les infractions connexes approuvées par le Congrès en février et en septembre ont été formulées de manière vague et excessivement large, en violation du principe de légalité. Elles risquaient de se traduire par une application arbitraire et inadéquate du Code pénal contre les manifestants pacifiques et les défenseurs des droits humains, avec pour conséquence possible une répression toujours plus forte du travail de ces derniers et une entrave aux mouvements sociaux.

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