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La tourmente des élections européennes

Posted on 11 avril 2019 | Commentaires fermés

L’Europe se prépare à un assaut de propagande russe à l’approche des élections législatives de mai. La Commission européenne prédit que les opérations de désinformation du Kremlin seront « systématiques, bien financées et d’une ampleur différente de celle des autres pays ». Le président russe, Vladimir Poutine, a pour objectif d’élargir le bloc eurosceptique dans le prochain Parlement européen afin d’affaiblir la cohésion de l’UE.  Afin de minimiser la menace, la commission a plus que doublé ses dépenses en contre-désinformation, pour atteindre 5 millions d’euros (5,7 millions de dollars) cette année, et élargit son effectif d’analystes dédiés au suivi de la désinformation. Cela ne suffira pas. Pour mettre fin aux méfaits russes, l’Europe devra également préparer ses propres citoyens et déployer des contre-mesures juridiques et diplomatiques.  Considérez ce contre quoi l’Europe est confrontée. L’Agence russe de recherche sur l’Internet dispose à elle seule d’un budget plus du double de celui de l’ensemble des agences de lutte contre la désinformation de l’Union européenne. Les 1,4 milliard d’euros que Moscou consacre chaque année à médias de masse qui amplifient sa propagande.   Compte tenu des désaccords entre les gouvernements européens quant à la manière énergique de faire face à la Russie, la Commission pourrait avoir des difficultés à augmenter sensiblement le financement des efforts de lutte contre la désinformation. Mais il devrait au moins donner plus de ressources au groupe de travail East StratCom et à la cellule hybride de fusion de l’UE, qui surveille les fausses informations et coordonne les réponses des gouvernements. La Commission devrait également inciter les États membres à adhérer à sa proposition de créer un système paneuropéen d’alerte rapide qui exposerait les activités suspectes des médias sociaux à l’approche des élections. Et il devrait maintenir la pression sur les entreprises de médias sociaux pour qu’elles retirent leurs comptes et divulguent les sources de financement des annonces politiques sur leurs plateformes.   Les gouvernements européens devraient également faire plus pour aider leurs citoyens à distinguer les faits de la fiction. Ils peuvent par exemple soutenir des sites de vérification des faits tels que Debunk.eu en Lituanie, une collaboration entre des journalistes, des groupes de la société civile et le militaire. Et ils peuvent renforcer l’apprentissage de l’alphabétisation par les médias numériques dans les écoles publiques, comme le fait la Suède. L’Estonie, qui compte une minorité substantielle de russophones, est même allée jusqu’à créer sa propre chaîne de radiodiffusion publique en langue russe, alternative aux médias soutenus par le Kremlin.   Dans le même temps, les dirigeants européens devraient avertir la Russie que les attaques ont des conséquences – notamment le type de sanctions et d’inculpations que les États-Unis ont imposées aux médiateurs électoraux russes et aux pirates informatiques chinois. Une première étape consisterait à préciser que les sanctions actuelles imposées par l’UE à la Russie après l’annexion de la Crimée en 2014 seront étendues si des éléments de brouillage sont détectés. Dans ce cas, l’Allemagne devrait également annuler le gazoduc mal orienté Nord Stream 2, qui sert plus les intérêts de Poutine que ceux de l’Europe.   Il est essentiel de rappeler à Poutine que l’ingérence est une forme d’agression hostile qui ne peut être ignorée.

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